Bienvenue sur le site d'Alain Mabanckou écrivain, poète.

Dans la presse

Cameroon Tribune, 19 nov 2006

L’écrivain est héritier d’une tradition d’hommes de lettres et de culture congolais illustres.

Après avoir lu " Verre cassé " et " African Psycho ", on fait le serment de dévorer tout ce que Alain Mabanckou mettra dans nos assiettes. Et voilà qu’il nous sert un " Mémoires de porc-épic " déjà auréolé du prix Renaudot 2006 ! Le " Brazzavillo-Congolais " n’en finit pas de récolter les distinctions. La manière de raconter et les histoires même qu’il raconte surprennent agréablement. Montrer l’Afrique contemporaine et ses gens. Villageois et " villeois " à la fois.

Même influencé par les littératures dont il s’est gavé dans sa jeunesse, Mabanckou, 40 ans, écrit comme un Africain qui se souvient de sa tradition orale et conteuse. D’où ces romans écrits comme s’ils étaient parlés. Souvent sans ponctuation ou presque. Avec cette philosophie du bonheur-malgré-tout qui provoque fous rires chez le lecteur, suscite sa sympathie immédiate et lui donne un goût de revenez-y. Les Congolais, ceux de Brazzaville, ont ça dans le sang. Ne sont-ils pas de bons vivants ?

Voyez Zao, Emmanuel Dongala, Sony Labou Tansi, Henri Lopès ou même Tchicaya U Tam’si. Chacun, à sa manière, répond à ce profil. Les aventures de Masala-Masala, de Grégoire Nabokoyo, de Angoualima, quelques-uns des personnages de Mabanckou, souvent marginaux, traduisent toujours cette détermination à surmonter les difficultés et l’exclusion. Pas de misérabilisme. Il faut positiver. En Afrique, on a les bonheurs que l’on peut.

En écrivant des romans, Mabanckou a peut-être trouvé ce qui lui va le mieux. Les premières lignes de " Verre cassé " ont même été écrites au Cameroun dans un bar. Ça fait quoi ? Il avait commencé, il y a des années, en publiant quelques recueils de poèmes, eux aussi primés ! Le virus de l’écriture et de la littérature, il l’a attrapé très tôt et aime bien à s’en souvenir dans ses livres.

Des études de lettres-philo et de droit ne l’en ont pas éloigné. Et il n’est même pas prêt d’en sortir puisque l’homme enseigne les littératures francophones et africaines dans les universités américaines. Décédée en 1995, sa mère le voyait magistrat ou avocat. Vous croyez vraiment qu’elle se retournerait dans sa tombe avec un fils écrivain de renom ?

ST


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