Bienvenue sur le site d'Alain Mabanckou écrivain, poète.

Bibliographie

Les Petits-fils nègres de Vercingétorix

Roman, 2002 / réédition Editions du Seuil, 2006

Présentation

Présentation du roman :

Ancienne colonie d’Afrique centrale, la République du Viétongo est en proie à une terrible guerre civile. Le président Kabouya, élu démocratiquement, a perdu le pouvoir après un coup d’Etat du général Edou. Vercingétorix, l’opiniâtre chef rebelle du Sud, se lance alors dans une entreprise de reconquête avec ses milices, Les Petits-fils nègres de Vercingétorix. Fuyant les violences avec sa fille, Hortense Iloki, originaire du Nord du pays et mariée à un sudiste, relate dans son journal les événements de cette guerre et reconstitue son passé en miettes.

La critique

La critique :

« Le lecteur verra certainement à travers ce roman la destruction du Congo depuis 1992, mais de manière plus large l’auteur expose la ruine des sociétés africaines. L’impact des discours de Vercingétorix sur Kimbembé illustrant comment on manipule les masses et comment une simple méfiance entre ethnies peut dégénérer en génocide. Le procès intenté par Alain Mabanckou s’adresse aussi aux intellectuels africains qui ignorent encore leur propre culture : toutes les discussions de Gaston et Kimbembé sur la littérature tournent autour de Camus, Céline, Proust, Balzac, etc. Avec finesse, Alain Mabanckou montre que d’autres choix peuvent exister, surtout à travers les personnages féminins. Malgré sa souffrance, Christiane évoque avec nostalgie les temps où l’amour était possible, où l’ethnie importait peu et où l’espace n’était pas pris en otage par les politiques. Le personnage d’Hortense est aussi un exemple de femme-courage qui, au péril de sa vie, rédige des cahiers où elle relate la tragédie du Viétongo. Le message de l’écrivain pour le Congo et pour tout le continent en crise est un appel du coeur, pour un retour à la paix, « une coexistence pacifique. »

Nabo Sene ( Le Monde Diplomatique)

Extraits

Extraits du roman :

"Les communiqués diffusés sur les ondes nationales sont des ordres militaires qu’aboient des journalistes zélés acquis à la cause du général Edou. J’écoute pendant des heures le général s’exprimer d’une voix monocorde. La radio ne peut pas se contenter de ne diffuser que des extraits de ces "messages à la Nation". On ne coupe pas le président quand il parle. En vertu de quoi un journaliste s’autoriserait à choisir les passages les plus importants du Chef de l’Etat ? Tout ce qu’il dit est bon, utile, même lorsqu’il bafouille. Dans ses interventions le général rappelle qu’il n’y aura pas de compromis. Que l’heure n’est plus aux discours ni à l’absolution. Qu’il est revenu aux affaires pour assainir le pays, "balayer la maison viétongoloise devant laquelle s’amoncellent jour après jours des immondices qui empêchent le peuple de respirer". C’est son devoir, celui du plus haut gradé de notre armée. "Les Petits-fils nègres de vercingétorix ont donc tort de se prendre pour des irréductibles Gaulois", dit-il. On l’entend taper du poing sur la table. Il exhorte la rebellion du Sud d’entendre la voix de la raison, de se rendre et de déposer les armes sans condition. Il promet même d’incorporer les rebelles qui capituleraient dans l’armée nationale et de ne pas poursuivre les délinquants et les criminels du Sud. Il ne dit rien au sujet de vercingétorix, planqué à Batalébé, et de Son Excellence Lebou Kabouya , qui s’est exilé en Europe..."